L'austérité pour tous... sauf pour quelques uns

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L'austérité pour tous... sauf pour quelques uns

Message  worldpeace le Lun 9 Aoû - 14:41

En France, depuis 1980, la dette publique en pourcentage du PIB n'a fait qu'augmenter. Elle était en 1980 de l'ordre de 20%, on arrive aujourd'hui aux 80%. Chaque année, afin de rembourser les emprunts précédents, de nouvelles dettes sont contractées sur le marché obligataire. Ce sont des emprunts qui, comme des titres en bourses, peuvent être vendus en Bourse, ce qui induit un flou sur la question de savoir à qui appartiennent les obligations. Cette dette est dite négociable. En fait, elle n'est pas négociable pour la France, mais négociable entre les créanciers. La part de la dette négociable est passée de 47% de la dette totale en 1980 à 90% en 2000.

L'endettement de la France fait suite à la loi Pompidou-Giscard de 1973, qui interdit à la l'Etat d'utiliser la création monétaire pour lui-même, l'obligeant à passer par les banques privées et les marchés financiers pour avoir de l'argent. La prérogative de création monétaire est essentielle. Cette dernière est arrivée dans la main des banques privées, les seules ayant droit à en faire usage. Cela place l'Etat dans une situation semblable à une entreprise. Or si l'on veut faire des dépenses publiques sociales, et qu'il n'y a pas une excédent d'argent, cela oblige à emprunter et donc enrichir les plus riches au même moment où l'on veut favoriser les plus pauvres.

Les dépenses sociales ont continué malgré cette loi, et les riches se sont enrichis progressivement. Ils ont obtenu des créances de l'Etat. A présent, la dette devient telle qu'on demande aux Etats de commencer à faire des économies. Les mesures prévues sont des plans d'austérité.

En France : gel des dépenses (alors que l'inflation continue), non remplacement des fonctionnaires, baisse des dépenses de soins
En Grande-Bretagne : hausse de la TVA de 2,5%
En Irlande : baisse des traitements des fonctionnaires, des programmes sociaux et des soins gratuits
En Allemagne : suppression de postes de fonctionnaires, taxes, baisse des prestations sociales
etc.

C'est-à-dire que les financiers veulent faire payer à tout le monde, alors que la dette est détenue seulement à 40% par des épargnants français, et que parmi ces épargnants, il n'y a pas que les plus pauvres. Le mécanisme de la dette leur permet d'effectuer un transfert de richesse en appauvrissant tout le monde. Bien sûr, le calcul est absurde, puisque ce qui fait la richesse, c'est d'abord la richesse collective, et parce que l'argent n'est pas une richesse, c'est une anti-richesse, une créance. L'argent n'est pas comestible, et encore moins l'argent virtuel. Comme le fait remarquer un financier dans La face cachée des banques, "ils appliquent tous la même devise : l'apparence de l'intérêt général au service de leurs intérêts particuliers".

L'ennemi est le suivant : l'accumulation de capital dans les mains de quelques individus sans scrupules.
Il me semble alors que le remède est le suivant : la limitation du capital individuel.

Dans le cas de la dette, on peut tout simplement :
- revenir à la création monétaire étatique
- ne rembourser qu'une partie de la dette
- donner des compensations pour les citoyens ayant des épargnes, mais un capital total peu élevé

Cela revient à peu près la même chose que de rembourser les épargnes tout en limitant le capital individuel à une limite supérieure suffisamment élevé pour que les personnes ayant gagné honnêtement leur vie par leur travail ne voit pas le fruit de leurs efforts disparaitre. Qu'on tolère le capitalisme pour motiver les gens à faire des projets, soit, mais alors nous devons le limiter. Il y a un moment où la collectivité doit dire stop. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, or la propriété, quand elle grandit sans fin devient une prison pour les autres. Or qui va empêcher cela ? Les institutions financières ? Les ONG ? Non. L'Etat ou alors le peuple lui-même. Or nous savons où peuvent nous mener les passions populaires.

Bien sûr, faire attention à bien compter nos sous n'est utile que si l'on lutte efficacement contre les paradis fiscaux. On nous impose des mesures, comme l'augmentation de la durée de cotisation pour la retraite, alors que ces mêmes personnes qui professent ces réductions participent à l'évasion fiscale de sommes bien plus importantes. Il ne s'agit pas seulement de faire de la création monétaire et de limiter l'enrichissement des multinationales, mais aussi d'empêcher cet hypercapitalisme qui consiste à prendre sur le dos des travailleurs et à dissimuler le magot dans les coffres Suisses, du Delaware, la City de Londres, Hong Kong, le Luxembourg, les îles Caïmans, l'archipel des Bermudes etc.

http://www.financialsecrecyindex.com/2009results.html


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