Ah elle est belle la France de Sarko...

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Ah elle est belle la France de Sarko...

Message  Lis' le Lun 1 Sep - 14:28

Voici un mail reçu par un membre de RESF (Réseau Education Sans Frontières)...vive Sarko! Un peu long, mais assez "divertissant"...

"Petit récit des aventures ubuesques engendrées par la politique imbécile du ministre de la rafle et du drapeau...
Depuis que début juillet, le RESF a fait paraître dans Le Monde une publicité affirmant « Présidence de l’Union
européenne, présidence des expulsions », nous promenons sur les lieux touristiques de la capitale une
banderole de 20 mètres de long portant le même message. Notre-Dame, la Fontaine St-Michel, le Palais de Justice, Chatelet, l’Opéra, la place Vendôme, Beaubourg, Paris-Plage, La Villette, le Sacré-Cœur ont ainsi été
visités. Et puis parce que cela s’imposait pour conclure la saison, ce soir, les Champs-Elysées.
On était donc une vingtaine hier, au haut des Champs. La banderole se déploie. On traverse l’avenue, dans un sens, puis cinquante mètre plus bas, dans l’autre. Les touristes interrogent, prennent les tracts et pour
beaucoup nous encouragent.
Halte devant Paris Store et Quick-burger occupés depuis 98 jours par leurs employés sans papiers, puis un peu plus bas, devant le Fouquet’s. Deux symboles en cent mètres. Celui des travailleurs sans papiers, surexploités
des années durant et qui, aujourd’hui, relèvent la tête et exigent que leur utilité sociale soit reconnue, que leurs droits de travailleurs soient respectés et que des papiers leur soient délivrés. Et, sur le trottoir d’en
face, la brasserie de luxe où l’ami des milliardaires et des dictateurs a choisi d’entamer son quinquennat.
Impossible en 2008, en France, de laisser souiller par des manifestations impures les lieux où se déroula la sainte cène selon Sarkozy : à peine la banderole impie se déployait-elle à la terrasse du Fouquet’s que débarquaient de deux fourgons et de plusieurs voitures, toutes sirènes hurlant, une trentaine ou une quarantaine de policiers de tout poil, des petits, des grands, des gros et des maigres, des moustachus, des en civil et des conditionnés, tout un petit monde sous le commandement d’un chef qui se croyant peut-être encore le 14 juillet devant le dictateur El Assad, fait son show : ordres hurlés, grands gestes des bras, pantins qui tournent à droite, à gauche, s’alignent, font demi-tour. C’est guignol à la parade, les spectateurs sont navrés : il faut vraiment que la police n’ait rien à faire pour gaspiller ainsi ses moyens.
Discussions, palabres, échanges grésillants avec la préfecture de police, on obtient 10 minutes pour se concerter et décider ce qu’on fait. Prise de parole à l’adresse des clients de la terrasse du Fouquet’s et des passants et la banderole redémarre, escortée de sa chenille policière manœuvrée par son dresseur hurlant et gesticulant. Une vingtaine de mètres plus loin, nouvel arrêt, nouvelles palabres.
La police nous propose un deal : on plie la banderole et on se disperse, ou ils nous embarquent. On réfléchit, on hésite, on discute, on se concerte, faisant soviet devant Fouquet’s. La tendance conciliatrice l’emporte : on s’en va. Mais à peine la banderole est-elle pliée qu’une douzaine de flics se jettent sur nous et après une vraie bousculade, l’arrachent. Police 1, RESF 0.

Hurlements du chef, accompagnés de gestes obscènes : nous nous retrouvons au centre du cercle des poètes policiers disparus que le chef appelle « la bulle ». Pas question de sortir. Discussions, palabres : les chefs policiers proposent que nous nous dispersions par groupes de deux ou trois, la banderole étant restituée aux derniers qui partiront… Mais, quand nous ne sommes plus que quatre, changement de tableau : l’officier, un peu gêné, annonce que la banderole ne sera pas restituée. L’exact opposé de ce qu’il assurait trois minutes auparavant. Police parjure 2 RESF 0.

Furieux mais maître de lui, un militant lui balance, droit dans les yeux : « Monsieur, vous êtes un enfoiré ». L’officier blêmit, on craint que ça tourne très mal. Il encaisse puis explique que l’enfoiré est celui qui a pris la décision de trahir la parole donnée, celui qui grésille dans le talkie et son supérieur, le Préfet de police. On est d’accord avec lui. Quelques instants plus tard, nous surprenons un officier des RG qui râle très fort au
téléphone : « Ce n’est pas ce qui avait été dit, vous nous faites passer pour quoi ? ». Ainsi, l’opinion est alors unanime : le préfet de police est un enfoiré ou, en termes plus choisis, un félon.
Affaire révélatrice à bien des égards : le Fouquet’s sanctuarisé pour avoir été le théâtre du sacre de Sarkozy, utilisation (gaspillage !) des forces depolice pour entraver la liberté d’expression et de manifestation et, pour finir, mensonges médiocres qui déshonorent les policiers et ceux qui les commandent.
L’histoire n’est pourtant pas finie. Alors qu’en partant un petit groupe repasse devant le Fouquet’s, un homme en sort, les accoste. Il est avocat et saoudien, défenseur des droits de l’homme. Il a été impressionné par notre manifestation et, en gage d’amitié et d’estime,
il nous invite à prendre un verre… au Fouquet’s, et pas à la terrasse mais dans la cour intérieure, véritable petit havre où tout est beauté, luxe, calme et volupté.
Est-il besoin de préciser que la tenue du manifestant RESF moyen détonne dans le cadre… On trinque donc,
« aux droits de l’homme partout dans le monde ».
Un quart d’heure après arrive le responsable de la sécurité qui explique que pour nous remercier de
n’être pas restés trop longtemps, la direction du Fouquet’s nous invite.
Police 2, RESF 1.

Notre hôte saoudien, président d’une association de juristes luttant pour les droits de l’Homme, double l'invitation. Remettez-nous ça la patronne au Fouquet’s.
Quand nous quittons l’établissement, un peu pompette, les policiers sont toujours en faction dans leur car. Nous allons les voir pour leur raconter notre soirée pendant qu’ils tournaient dans le Désert des Tartares un soir d’été. Leurs mimiques disent qu’ils partagent notre opinion sur certaines des conneries qu’on leur fait faire. Police 2, RESF 2.

Coup de téléphone à la préfecture de police le lendemain: "si on vous a promis que la banderole ne serait pas confisquée, elle vous sera restituée" et, de fait, l'après-midi même un fonctionnaire de police se rendait au domicile d’une militante RESF pour lui restituer l’objet, sans l’avoir toutefois repassé.
Police 2, RESF 3. "

Lis'
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